11EME PANZER

Klaus Barbie

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Klaus Barbie

Message  Invité le Jeu 27 Déc - 16:22

Klaus Barbie est né le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, petite ville de la vallée du Rhin, près de Bonn.







Ses parents sont catholiques. Son père est successivement employé de bureau puis instituteur. Blessé à Verdun, dans la guerre de 14-18, il en conserve une haine farouche envers la France.
En 1925, Klaus Barbie quitte sa famille pour devenir pensionnaire au lycée de Trèves. Il est, un temps, attiré par la religion et veut se lancer dans des études de théologie. Mais après avoir passé son bac, c'est une tout autre voie qu'il choisira.
Son père, comme sa mère, meurt en 1933.

En 1934, il devient chef de patrouille aux Jeunesses hitlériennes, dirigeant un groupe d'environ cent vingt jeunes garçons de 15 à 18 ans. C'est en septembre 1935 qu'il est recruté par le SD, le service de renseignements du Parti national-socialiste. Sa "formation" de SS Mann durera deux ans, à Bernau, une école près de Berlin.
Muté au SD de Düsseldorf, il y rencontre son supérieur, Helmut Knochen, que l'on retrouve quelques années plus tard à Paris, responsable, avec le général SS Oberg, du SD pour la France occupée. A cette époque, il se marie avec la fille d'un postier, Régina Wilms, pure "aryenne" qui suivra, elle aussi, les cours de " l'école des fiancées " puis de " l'école des femmes ", deux institutions nazies pour la formation des épouses de SS.







Son adhésion au parti nazi

En mai 1937, à 23 ans, Barbie adhère au parti nazi. Dans le dossier du SD - une des pièces produites lors du procès -, il est noté par ses chefs comme l'un de leurs meilleurs éléments : " Ses performances dans le service sont remarquables. Son comportement en tant que SS est irréprochable tant dans le service que hors du service. (…) Son opinion relative à la conception du monde nazi est considérée comme affirmée. "
En 1940, il est envoyé à La Haye, où son rôle consiste à arrêter les juifs et les réfugiés politiques allemands installés aux Pays-Bas.
En 1942, il se rend à Dijon, puis à Lyon, où il dirige, avec vingt-cinq officiers sous ses ordres, un service de la police nazie compétente pour une région qui comprend Lyon, mais aussi le Jura, les Hautes-Alpes et jusqu'à Grenoble. Sa section est chargée de la " lutte anticommuniste, antisabotage et antijuive ".
De 1942 à 1944, Klaus Barbie s'acquittera consciencieusement de sa tâche.









Son départ de Lyon

En septembre 1944, l'armée allemande quitte Lyon en emportant ou en brûlant derrière elle la quasi-totalité des documents.
Barbie est blessé dans sa fuite. Il parviendra tout de même à gagner Baden-Baden, où il se fait soigner. Après la guerre, il entame une nouvelle vie, s'occupe de trafic et de marché noir, dirige un cabaret à Munich sous un faux nom.
Barbie va bénéficier de la protection des services secrets américains, qui l'utilisent à partir de 1947 comme agent dans leur lutte contre l'URSS. A plusieurs reprises, les autorités françaises réclameront l'extradition de l'ancien officier nazi. Réponse invariable : " On ne sait pas où il est. On n'arrive pas à le localiser ".
En 1950, la France formule à nouveau une demande d'extradition. Barbie doit "témoigner" au procès de René Hardy, accusé d'avoir "donné" Jean Moulin (la victime la plus connue de Barbie, chef du Conseil national de la Résistance, dénoncé et arrêté le 21 juin 1943, au cours d'une réunion à Caluire, dans la banlieue lyonnaise). Les Américains font savoir qu'ils sont disposés à "prêter" leur agent, mais assortissent cet accord de conditions si draconiennes que les Français renoncent.








Sa vie en Bolivie

C'est avec le concours américain qu'il gagne la Bolivie. Il obtient la nationalité bolivienne, sous le nom de Klaus Altmann, le 3 octobre 1957.
En Bolivie, ses affaires prospèrent. Il va diriger une entreprise d'exploitation de bois, exporter de l'écorce de quinine avant de devenir gérant de la compagnie maritime nationale de Bolivie, la " Transmaritima Boliviana limitada ".
En 1972, Beate et Serge Klarsfeld retrouvent sa piste.
En janvier, TF1 diffuse pour la première fois une interview de Klaus Altmann. Ladislas de Hoyos a réalisé un exploit : localiser l'homme. Et arracher aux autorités boliviennes la permission de le voir pendant cinq minutes à la prison Saint-Pierre à La Paz où il a été enfermé pour une dette non payée.







Son extradition en France et son procès

Christian Riss, juge d'instruction au tribunal de grande instance de Lyon, délivre le 5 novembre 1982 un mandat d'arrêt contre Barbie-Altmann.
Le 5 février 1983, il est livré à la justice française et conduit à la prison de Montluc, à Lyon, réaménagée par Robert Badinter, alors ministre de la Justice. Cette prison même où il avait sévi.
Comme la prison de Montluc n'offre pas toutes les garanties de sécurité, le détenu sera transféré à la prison Saint-Joseph, au centre de Lyon, où il attendra son procès. Sur les conseils de sa fille Ute Messner, Klaus Barbie choisit pour avocat Jacques Vergès.
L'instruction durera plus de quatre ans. Dans un premier temps, écartant les "crimes de guerre" (pour lesquels Barbie a déjà été jugé), Christian Riss dresse la liste des "crimes contre l'humanité" et retient trois grands dossiers :







La rafle de l'UGIF

Le 9 février 1943, les Allemands investissent les bureaux de l'Union générale des israélites de France au 12, rue Sainte Catherine, et dressent une souricière. Quatre-vingt-six personnes sont arrêtées et déportées.







La rafle des enfants d'Izieu

Le 6 avril 1944, un télex signé de Barbie est envoyé à Paris : " Il a été mis fin ce matin aux activités du foyer d'enfants juifs d'Izieu-Ain. Au total, quarante et un enfants de trois à treize ans et cinq adultes ont été arrêtés. Il n'a été trouvé ni argent liquide ni autres objets de valeur. Le transport vers Drancy aura lieu le 7 avril 1944."







Le dernier convoi

Le 11 août 1944, moins de quinze jours avant la libération de la ville, un ultime convoi quittait Lyon à destination des camps. Six cents personnes, surtout des juifs et des résistants, étaient déportées à Auschwitz.

Barbie est ramené à l'audience le 3 juillet 1987. Le président Cerdini l'interroge une dernière fois : " Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? " Barbie : " J'ai combattu la Résistance que je respecte avec dureté. Mais c'était la guerre, et la guerre est finie. "
Après trente-six jours d'audience, après les dépositions des témoins, les plaidoiries des avocats, le réquisitoire du procureur général, les jurés délibèrent. Six heures et demie d'attente. En pleine nuit, à 0h40, le verdict tombe : Barbie est déclaré coupable sans circonstances atténuantes des dix-sept crimes contre l'humanité dont il était accusé. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
















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